|
Si, aux quatre coins du globe, des artistes œuvrent dans l’ombre de leur atelier et que leurs échos ne nous parviennent pas toujours, c’est à la critique d’art de partir à leur rencontre et de transmettre leurs voix. Devant la foisonnante production artistique actuelle, les médiations techniques hâtives, la diffusion industrielle de la culture, il est parfois bien difficile pour l’amateur, voire le professionnel, de trouver ce qu’il cherche ou de s’y retrouver tout simplement, passant de ce fait à côté de l’essentiel, qui n’est pas toujours celui que l’on croit. La critique d’art motive sa raison d’être par son implication : ce rôle, elle doit le jouer pleinement, au-delà du simple compte-rendu formaté nourrissant sans cesse le flux éphémère de l’information. Il s’agit, pour elle et pour son public, d’éclairer les œuvres, les enjeux, les démarches et de porter haut et fort réflexions et regards sur le monde, parfois indicible, des artistes. Faire la différence aujourd’hui en tant que créateur est devenu une gageure. Seul, l’artiste ne pourra durer longtemps alors qu’il porte en lui un talent insoupçonné et une vision qui aspire à dépasser les obstacles du temps. A une époque où bien des vocations s’effacent peu à peu sous le poids des réalités mercantiles qui les submergent, la critique d’art doit, elle, faire face, ne pas basculer dans une démarche purement promotionnelle et assumer profondément ses responsabilités. Avec toute l’humilité requise, je veux d’abord défendre et soutenir les artistes d’aujourd’hui, qui seront aussi, ne l’oublions pas, ceux de demain. Les critiques d'art que je réalise cherchent à agir dans le sens de la durée et de la perspective car l’art s’inscrit dans le temps. La critique porte en elle une intime conviction : que le public prenne le temps de découvrir ces artistes qui se mettent à l’épreuve et leurs travaux picturaux, pour ainsi mieux les recevoir, les comprendre, les confronter et les suivre. L’art, construit par l’artiste, se construit aussi par le regardeur. Rien ne remplace naturellement l’expérience émotionnelle et authentique de l’œuvre. C’est pour cette raison que mes critiques d'art se veulent être un point de départ, une connexion pour aller au devant de l’Original. Il ne s’agit plus, comme au 19ème siècle, de faire des réputations ou d’inciter l’arbitrage du goût mais plutôt d’accompagner les talents émergents de ce siècle, sans préoccupation laudative. Nostalgique d’une critique d’art qualitative et à échelle humaine, je recherche la prise de contact pour une critique interprétative. Tel un couloir qui mène aux ateliers, aux œuvres, aux passions, je veux encourager le dialogue et le rapport étroit avec les artistes pour explorer grâce à eux de nouveaux terrains. |
|
||
|
Rodolphe COSIMI |
|||
|
|





